Lisa Leblanc à l’Impérial

Deux billets, dans la trousse culturelle gagnée lors du Hackathon des Journées de la culture, pour un show de Lisa Leblanc à l’impérial. Un pour moi, un pour Audrey (#partnerincrime). J’avoue que c’est pas le genre de choses que j’écoute régulièrement, mais ça veut pas dire que je peux pas apprécier. J’avais décidé d’en profiter pleinement. Un show de Lisa Leblanc, ça peut juste virer en gros party, non?

La première partie était assurée par Francis Faubert. J’en avais jamais entendu parler. J’avais pas fait de recherches sur Youtube avant d’aller au show. Je savais pas du tout à quoi m’attendre. J’ai bien fait de me pointer là sans attentes, la surprise était ben meilleure comme ça.

Pas d’artifices, pas de crémage.

Francis Flaubert à l'Impérial
Francis Faubert

Un drum, une guit, deux micros, pis deux gars partageant une espèce de rage langoureuse qui en finit jamais. Simple, vrai, minimaliste.

Francis Faubert écrit des textes bruts. On cherche pas la poésie, à part celle qui émerge spontanément de l’humanité criée ben fort. Autrement dit, si tu te reconnais dans aucune de ses chansons, c’est que la vie t’as épargné(e) ou que tu l’as pas vécue pleinement. Ça sent le gars écorché vif qui fait du beau avec ses cicatrices. Ça sent un peu aussi l’ado fâché qui a grandi, mais qui a gardé toute sa capacité de s’insurger. Ça touche pas forcément au sublime, mais ça touche aux trippes, ça fait du bien. Ça décape au passage, ça décrasse les mécaniques, ça fait grimacer pis sourire en même temps.

J’aime pas mettre des mots sur le style d’une musique. C’est du rock? Du blues? Du folk? Avec un peu de métal, pis des accents de country? Oui, à tout ça. Pis un peu plus, ou un peu moins, dépendamment des chansons. Les genres musicaux sont de moins en moins étanches, et c’est franchement une excellente nouvelle. Surtout pour des gars comme Faubert. Toujours est-il que quand on a deux instruments pour faire vibrer une foule, et qu’on arrive à faire des mélodies qui sont à la fois planantes et dynamiques, qu’on met le party dans la place, ça prend quelque chose comme du talent. Pis du cœur.

La première partie est terminée en même temps que ma bière: good sync. Audrey et moi on fait des photos, on jase, on scanne la foule. Il y a des gens de tous les styles, de tous les âges. L’ambiance est bonne, tranquille, joviale. Des petits couples qui se frenchent, des grosses gangs qui rient fort.

Quand Lisa Leblanc se pointe sur scène, c’est le torrent de joie dans la salle. Le monde l’aime avec tellement de franchise et de laisser-aller. C’est comme une amitié naturelle. Audrey et moi, on trinque à son enthousiasme.

Lisa Leblanc à l'Impérial
Ginette Reno (C’est une blague, c’est Lisa Leblanc…)

Elle est assurée et timide en même temps. Elle est là pour faire de la musique, avoir du fun. Elle est surprise de l’accueil, qui n’a pourtant rien de surprenant.

Ma seule attente c’était de faire le party, et j’allais pas être déçue. Ça bouge, c’est de la musique faite pour la bonne humeur. Je vous apprends rien; tout le monde au Québec connaît, depuis quelques années, la joie improbable qu’on ressent en gueulant ben fort “ma vie c’est d’la maaaaaaaarde”!

Chaque fois que la foule crie et applaudit, elle sourit comme une enfant, pis ça fait du bien de voir ça. Ça se voit qu’elle le prend avec plaisir, sans se gêner, mais aussi avec humilité. “C’est dont ben l’fun, guys, que vous applaudissiez de même…”. Elle change d’instrument pour chaque morceau. J’ai un kick sur sa guitare à paillettes dorées.

Les quatre artistes sur scène sont des brutes. C’est tellement précieux, les moments où on peut observer live le talent. J’ai un kick sur chacun d’eux. Je voudrais danser mais j’ai peur de kicker ma mâchoire qui traine quelque part à terre.

On a droit à un beau mélange de chansons en français, et des dernières compositions majoritairement en anglais. Le public les accueille toutes de la même façon. Elles sont pourtant différentes. Dans les dernières années, la musicienne a voyagé, perfectionné ses pratiques, beaucoup appris. Elle a changé, mais elle n’a pas changé. C’est la même essence qu’on retrouve, dans les anciennes comme dans les nouvelles pièces, mais avec des inspirations différentes, avec des années, et des kilomètres ajoutés au compteur.

Je quitte malheureusement le show avant la fin, pas de gaieté de cœur. En sortant de l’Impérial, je m’enfouis la tête profond dans mon foulard, pour pas entendre le party qui est en train de culminer sans moi. D’après ce qu’Audrey m’a dit plus tard, je devais chanter “ma vie c’est d’la marde” en marchant sur le trottoir, pas mal en même temps que tout le monde dans la salle. Good sync.

Faque finalement, j’étais right contente de ma soirée.

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